Mai 2020

Pépites d'Estérel

Rêvons en poésie à l'Estérel qui nous est promis, si proche mais encore inaccessible, pour un temps.   Bernard

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Pépites d'Estérel
 
Contrastes des couleurs
Juste au-dessus de l'eau
Et voir à chaque heure
Des cimes en lambeaux.
 
Reflets de roches roses
Au couchant du soleil
Tout en métamorphoses
Dès le matin au soleil.
 
Aiguilles de porphyre,
Echappées de verdure
En bouquet de plaisir
Sur un décor d'azur.
 
Montagnes étranglées
Et pitons d'amarante,
Du vert tout enchâssé
De plantes odorantes.
 
Cigales en bruit de fond,
Dans la chaleur du jour,
Font monter des monts
Des palanquées d'amour.
 
Forêts d'eucalyptus
Et de pins parasols,
Reçu là en bonus
A la rencontre d'un col.
 
Senteurs d'herbes du sud,
D'arbousiers orangés,
Odeurs d'infinitudes
A jamais engrangées.
  
Criques déchiquetées
S'avançant dans la mer
Comme pour aller chercher
Des souvenirs d'hier.
 
Légendes d'autrefois
Des bandits et des fées
C'est « il était une fois »
Aux enfants racontées.
 
Images de Provence
En lavis d'aquarelle
Dont on sent les fragrances
Dans les monts d'Estérel.
 
Gabriel FRANCESCHINI.
 

Impressions d'Estérel - Mai 2020

Entre nous, ce n’était qu’un au revoir, mais avec l’incertitude et l’angoisse qui sous-tendent tout départ. Nous étions tous éparpillés, reliés malgré tout par le cœur et la pensée.
Nous savons aujourd’hui que nous allons bientôt nous retrouver et que nul ne manquera, heureusement, à l’appel.
Je vous fais témoins d’un autre rêve, le dernier sans doute, avant que nous puissions de nouveau nous confronter à notre terrain de jeu privilégié, le massif de l’Estérel.
Je souhaite vous avoir fait suffisamment rêver pendant ce cruel intermède et avoir pu contribuer modestement à maintenir intacte votre soif d’évasion et la flamme de l’espoir pour des lendemains lumineux dans l’ambiance aux milles nuances à nulle autre pareille
de notre Estérel.
Continuons de vivre et de rêver, de rêver et de vivre, pour un temps, mais pour un temps seulement dans notre « jardin d’Eden » : l’Estérel.
Nous le revoyons aujourd’hui au plus profond de nous-mêmes avant de l’éprouver réellement, quand l’abnégation et la générosité de beaucoup auront permis de terrasser le monstre froid, tueur de masse, mangeur d’hommes, qui continue de nous poursuivre et de nous accabler.
Nous n'avons pas oublié les fastes de l'automne, de l'hiver et de ce début de printemps dans les Alpes Maritimes et dans le Var.
Ce monde minéral, sa flore, sa faune, ses odeurs, ses sentiers, ses paysages, tout cela nous imprègne et nous manque cruellement.
Parmi cette palette infinie de paysages variés, nous gardons au cœur les fortes émotions que nous procure l'Estérel, au fil des saisons. Cette forteresse de roches rouges, dont les murailles jaillissent du bleu intense de la Méditerranée, nous a toujours procuré de belles images et de profondes sensations.
L’inépuisable entrelacs des pistes et des sentiers perfuse l’Estérel jusque dans ses moindres recoins.
Nous ne limitons pas nos errances au nombre infini des larges pistes qui s’enchevêtrent. Nous nous écartons le plus souvent des sentiers balisés pour découvrir au bout de sentes minuscules et sinueuses des recoins intimes du massif.
Nous gravissons des pentes hérissées de pics et de tours de pierre. Nous découvrons une étonnante concentration de rochers, les uns simples, les autres plus élaborés, blocs erratiques ancrés dans l'immobile et l'inéluctable, pétrifiés de solitude et de silence.
Nous empruntons des sentiers caillouteux au milieu des chênes-liège et des pins. Les uns montent en pente douce, d'autres grimpent allègrement vers les crêtes.
Parfois, l'amorce d'un étroit sentier est cachée par des buissons broussailleux qui peuvent laisser sur nos jambes quelques légères égratignures.
Ici tout est dent, tout est dard, crochet, lance et armure d'une chevalerie dérisoire. Tout est lacis de barbelés factices qui réclament la plus grande vigilance.
Le sol, lui, est parfois jonché de fleurs multicolores, certaines à la grâce alanguie, comme fatiguées de leur propre vigueur, d'autres, avec une égoïste volupté, s'offrent sans vergogne à nos regards. Nous aimerions les connaître toutes par leur nom, mais nos connaissances en botanique ont toujours laissé place à une rêverie béate. Certes, il faut savoir donner un nom aux choses que l'on aime. Peut-être un jour prochain : qui sait ?
Du haut de quelques sommets, nous pouvons embrasser du regard tout le massif au cœur duquel l'ombre et la lumière s'épousent. Le moutonnement qui s'étire jusqu'à la mer, vif argent au soleil, est jalonné de repères devenus maintenant familiers. Notre regard se dissout dans un formidable déroulé de pics et de ravins, et les pentes sont entrecoupées d'éboulis qui cascadent jusqu'aux fonds énigmatiques de ceux-ci.
Remontant le long du Ravin des Lentisques, l'imposant pic du Cap Roux s'auréole dans le contre-jour d'une clarté à peine rosée. La grandeur domine dans cette approche sauvage.
Sous le baldaquin azuré d’un ciel myosotis, au loin, des bateaux blancs sillonnent le bleu turquoise de la mer.
Des milliers de fleurs racontent, dans leur langue colorée, le simple bonheur de vivre et de donner du nectar aux abeilles.
Des tâches flamboyantes, enchevêtrées dans les buissons, se marient sans effort avec la gamme des verts déclinée par la forêt et l'ocre rouge des rochers qui ont réussi leur pacte d’être mêlés pour la vie. Elles prennent toutes leur pouvoir en s'appuyant sur des couleurs complémentaires.
Les pistes s'enfoncent dans la garrigue parfumée, chauffée par le soleil, colorée par les lavandes aux épis violet-noir et les cistes aux corolles blanches et aux pétales rose-pourpre qui déferlent jusqu'à l'opulence et sur lesquelles virevoltent des papillons jaune citron.
On avance, sans autre désir que de découvrir cet univers minéral et, si l'on est sur le point de s'égarer, des cairns, ces bornes de pierre disposées au bord des chemins pour orienter et pour aider les randonneurs, nous ramènent dans la bonne direction. Par cet agencement minéral, d'autres hommes ont laissé un message de connivence et de solidarité pour leurs semblables amenés à fouler le même sol.
Tous ces chemins ne sont qu'un prétexte pour découvrir toutes les facettes du massif. Quel bonheur, chaque fois, de découvrir, au détour d'un chemin, une nouvelle perspective !
Partout des donjons surgissent de la garrigue, guetteurs monstrueux.
Lorsque nous débouchons en pleine lumière sur les crêtes, c'est à chaque fois un nouvel enchantement. A nos pieds s'ordonne un monde de roches et de ravins. Une sorte de bonheur cataleptique marque chacune de nos arrivées au sommet et la découverte des panoramas qui s'y révèlent.
Du plateau d'Anthéor au pic du Cap Roux, nous pouvons contempler le vaste développement du littoral depuis la baie de Cannes et les iles de Lérins jusqu'au golfe de Saint-Tropez, avec ses pointes et ses échancrures, avec le soleil qui éclabousse la mer et qui, pour cela, paraît encore plus bleue. De ces hauts, on a l'impression d'être assis à la proue d'un navire.
Au sommet du Perthus Oriental, nous pouvons être émerveillés par la large palette d'une multitude de fleurs qui y ont élu domicile. Des inflorescences déferlent sans vergogne entre les roches. Sur leurs pétales, des insectes butinent. Des coléoptères, plus brillants que des gemmes sous le soleil, à la cuirasse de cuivre poli, d'un bleu métallique chatoyant, s'entrainent au maniement des mandibules.
Nous pouvons suivre des sentiers au-dessus desquels se dessine une couronne de feuillage largement déployée en un manteau de fraîcheur. Nous passons près de plusieurs sources fluides et mystérieuses dont un clair filet coule dans le creux d'une pierre excavée pour le recueillir précieusement. Nous pourrions même gouter à cette eau qui semble venir des entrailles de la terre depuis toujours avec un talent secret pour désaltérer le passant.
Nous nous enfonçons dans le silence de sentes cachées dans des forêts d'eucalyptus aux troncs marmoréens et, dans la lumière oblique, dans la délicate aura du contre-jour, les chênes-liège déclinent leurs formes tortueuses.
Depuis la plateforme du mont Vinaigre, point culminant du massif (614 m d'altitude), la vue porte jusqu'aux cimes enneigées du Mercantour quand les premiers rayons du soleil irradient l'atmosphère d'une lueur un peu étrange.
Sur la crête du pic du Perthus Oriental où le vert et le rouge se côtoient, nous avons la sensation de nous être introduits dans l'intimité du massif, comme si nous cherchions à en découvrir les secrets. La lumière se pare d'un éclat et d'une netteté indéfinissable et nous mesurons, alors, le bonheur d'être là.
Nous ne sommes pas parvenus sur le toit du monde. Pourtant, nous avons le sentiment de vivre un moment unique et de totale plénitude. Il est dur de s'arracher à ces jeux de lumière et d'ombre. Nous serions bien restés là, longtemps, à regarder, à admirer.
Pendant toutes ces randonnées minérales et parfumées au-dessus de la Méditerranée qui scintille en automne, en hiver et dans un printemps qui commence à s'enguirlander de fleurs rares, nous boirons tous ensemble, mes amis de TERRE, à la source du bonheur, et nous y reviendrons, encore et encore, car, désormais, notre soif est inextinguible.       Bernard    

Samedi 16 mai 2020 - Marche Nordique

ls sont cinq à sortir des voitures, emmitouflés derrière leurs masques Covid19. Ils n'ont pas l'air bien réveillés. Le ciel est gris et le temps un peu frais. Ce sont les pionniers qui vont ouvrir le bal pour la reprise des activités de TERRE après deux mois de confinement. C'est pourquoi Pierre est au rendez-vous au départ de Maure Vieil. Il précise les nouvelles consignes de distanciation et les gestes barrière en temps d'épidémie. Surprise ! Il cache mal derrière son masque une barbe nouvelle. De l'avis général cela lui donne un air loup de mer et bourlingueur du meilleur effet.
Au parking, il y a bien 50 voitures ! Maure Vieil avait été choisi par Sandra parce que sûrement moins fréquenté... Il y a là des marcheurs, des coureurs, des promène toutou, des randonneurs, des cyclistes. Ces derniers ont dû tous se précipiter pour bénéficier de la prime de 50 euros ! C'est fou le nombre de nouveaux sportifs en France depuis le début de la semaine. Heureusement tout ce monde va se répartir sur différents itinéraires et notre chemin ne sera jamais encombré.
Dix minutes d'échauffement. Puis avec JR à l'avant et Sandra en serre file la patrouille se met en ordre de marche.  A partir du passage sous les hautes falaises de l'ancienne carrière de Fluor, allure libre jusqu'au col de la Cadière (241 m). A réaliser en aller et retour soit 9 km. Il fait vraiment bon marcher, la pente est régulière, la piste a été récemment nivelée par endroits et le tandem de tête se met à pousser des pointes, flirtant sans doute avec les 6 km/h ! Ils sont au col à 10 h 15 et redescendent aussitôt, invités à rentrer par une averse soudaine. Jonction dans la descente avec le reste de la troupe qui a déjà fait demi-tour.
Le soleil est revenu et nous nous retrouvons pour une pause (et une pose) photo à la chapelle de Maure Vieil. Le site à l'abandon a été investi par des artistes ou des tagueurs selon l'appréciation de chacun. Bien que chapelle, le lieu a des allures de friche urbaine. Il se dégage de cet ensemble architectural moderniste en béton, quelque chose d'étrange. Son histoire ne manque pas d'intérêt. Dans les années 60, il y avait ici une verrerie aux productions recherchées par les collectionneurs. Puis plus tard s'ouvrit un centre de ressourcement New Age qui abrita des rencontres d'adeptes en quête de ressourcement et de nouvelles spiritualités (voir tous les chemins.hautetfort.com).  
11 h 15 : Nous sommes à notre plateforme pour les étirements. Les organismes sont un peu rouillés mais très contents de ce premier galop en liberté. En silence, chacun explore et détend lentement les points sensibles de son corps et les tensions générées par l'effort ou par la longue inaction. Dans le bois, derrière nous un rossignol vocalise. Françoise fait remarquer « Tiens en voilà un qui est content de nous revoir ! »
Et nous donc !
Amis randonneurs qui reprenez jeudi prochain, réjouissez-vous. C'est un vrai bonheur ! La convivialité est intacte car les contraintes du déconfinement sont très supportables (5 m de distance, en marche nordique, pas de masque pendant la progression). Ces retrouvailles avec l'effort et les amis ont été un véritable cadeau !
Sans oublier la nature et les grands espaces qu'il nous faut respecter et protéger plus que jamais. Car nous en avons tellement besoin.  Jean-Robert

TROMBINOSCOPE

LES MOTS DE L'ESTEREL

Nous allons bientôt passer du rêve à la réalité. L’Estérel qui nous était interdit depuis si longtemps va nous devenir enfin accessible.
Nous l’avions gravé au cœur depuis six longues semaines : allons-nous le reconnaître et pouvoir de nouveau retrouver les noms de ses différents sentiers, carrefours, cols, monts, collines et vallons, tous plus étranges et mystérieux les uns que les autres ?
Il est tellement important de pouvoir nommer ce que l’on aime.
Savons-nous bien enfin de quoi nous parlons quand nous les nommons ? Que cachent de si étranges noms ? D’où viennent-ils ces noms que nos anciens ont donné à ces lieux qui constituaient leur quotidien ?
La toponymie de l’Estérel témoigne d’une très riche inventivité, et nous allons en tenter, en toute modestie, une approche qui restera de toute façon très partielle.
Il existe en plusieurs lieux un très riche bestiaire : des animaux sauvages par exemple comme la LOUVE (et sa tanière, maison forestière), l’OURS (le pic), les SANGLIERS (la baisse), le PORFAIT (le porc rayé, c’est-à-dire le marcassin), le LIEVRE (le pas), la BECASSE (le pont) ; des animaux domestiques aussi comme la CABRE (la chèvre, le vallon), les SAOUMES ( les ânesses, le vallon), les petites VACHES (le col), les grosses VACHES (le col), l’ESTARPE du CHEVAL (l’ancienne voie romaine), les Petites et les Grandes GRUES ( les sommets, terme provençal, les Grouas, qui désignait le lieu où les anciens déposaient les ruches pour le couvain), l’APIE du Cigalon (vallon ensoleillé où chantent les cigales), le PIGEONNIER (le pont du fait, sans doute ,en référence à l’aiguille volcanique qui domine la piste).
D’autres lieux empruntent à la Botanique : l’AVELLAN (un des noms donnés au noisetier), les VEISSIERES (pour la récolte des noisettes), le PINET (le plan, pour les pins), la CADIERE (pour l’exploitation des genévriers cade), les PEGUIERES (pour les fours à poix, la pégue), le TREMBLANT (variété de peupliers, le tremble), le SUVERET, les SUVIERES (forêts de chênes lièges), les FERRIERES (les châtaigniers).
L’Estérel est un pays de terres, mauvaises pour certaines, l’AIGRE (le mont), le MALPEY (col peu agréable quand souffle le mistral), le GRATADIS (la maison forestière), le PELET (le mont), favorables pour d’autres, l’AVELLAN (le lac et les gorges), les LENTISQUES (col et ravin),
Certains lieux témoignent du labeur des hommes : les CHARRETIERS (maison forestière), les CANTONNIERS (maison forestière), les CHARBONNIERS (maison forestière), d’autres portent le témoignage d’une ferveur religieuse : NOTRE-DAME (col), l’EVEQUE (col), le SAINT-PILON (pic), SAINT-MARTIN (pic), rocher SAINT- BARTHELEMY, SAINT-HONORAT (ermitage), le pas du CONFESSIONNAL (col), le BONNET DU CAPELAN (le chapeau de curé).
D’où vient enfin le nom de THEOLE, un beau rocher au bord du plateau d’Anthéor ? Faut-il chercher l’origine de Théoule, vrai sésame de l’Estérel, mais aussi d’Anthéor dans quelques racines ligures ? A priori, c’était le nom d’une déesse de la mer, TELO, nom qui aurait été repris et déformé ensuite, puisqu’il existe une Sainte-THEOLE le 25 Mars.
Pour finir sur une note d’humour, voici un « trombinoscope », qui représente la « force de frappe » de TERRE, que sont ses animateurs, j’ai nommé : Pierre, Sandra, Jean-Robert, Marie-France, Jacky, Françoise, Isabelle, Annick, Raymond, Régis, Richard, Bernard, François, Francis, Sophie et Lili ; chacun, chaussures décrottées, bâtons de marche réglés, GPS opérationnels, check-list de l’animateur OK, non sans oublier les tenues adéquates et le matériel adapté à la pratique de la marche aquatique côtière ; toutes et tous n’attendent plus que le feu vert des autorités pour vous entraîner sur les sentiers du plaisir et du bien-être en plein Estérel et le long de plages  idylliques bordant Théoule.   Bernard

Samedi 16 mai 2020 - marche nordique

ls sont cinq à sortir des voitures, emmitouflés derrière leurs masques Covid19. Ils n'ont pas l'air bien réveillés. Le ciel est gris et le temps un peu frais. Ce sont les pionniers qui vont ouvrir le bal pour la reprise des activités de TERRE après deux mois de confinement. C'est pourquoi Pierre est au rendez-vous au départ de Maure Vieil. Il précise les nouvelles consignes de distanciation et les gestes barrière en temps d'épidémie. Surprise ! Il cache mal derrière son masque une barbe nouvelle. De l'avis général cela lui donne un air loup de mer et bourlingueur du meilleur effet.
Au parking, il y a bien 50 voitures ! Maure Vieil avait été choisi par Sandra parce que sûrement moins fréquenté... Il y a là des marcheurs, des coureurs, des promène toutou, des randonneurs, des cyclistes. Ces derniers ont dû tous se précipiter pour bénéficier de la prime de 50 euros ! C'est fou le nombre de nouveaux sportifs en France depuis le début de la semaine. Heureusement tout ce monde va se répartir sur différents itinéraires et notre chemin ne sera jamais encombré.
Dix minutes d'échauffement. Puis avec JR à l'avant et Sandra en serre file la patrouille se met en ordre de marche.  A partir du passage sous les hautes falaises de l'ancienne carrière de Fluor, allure libre jusqu'au col de la Cadière (241 m). A réaliser en aller et retour soit 9 km. Il fait vraiment bon marcher, la pente est régulière, la piste a été récemment nivelée par endroits et le tandem de tête se met à pousser des pointes, flirtant sans doute avec les 6 km/h ! Ils sont au col à 10 h 15 et redescendent aussitôt, invités à rentrer par une averse soudaine. Jonction dans la descente avec le reste de la troupe qui a déjà fait demi-tour.
Le soleil est revenu et nous nous retrouvons pour une pause (et une pose) photo à la chapelle de Maure Vieil. Le site à l'abandon a été investi par des artistes ou des tagueurs selon l'appréciation de chacun. Bien que chapelle, le lieu a des allures de friche urbaine. Il se dégage de cet ensemble architectural moderniste en béton, quelque chose d'étrange. Son histoire ne manque pas d'intérêt. Dans les années 60, il y avait ici une verrerie aux productions recherchées par les collectionneurs. Puis plus tard s'ouvrit un centre de ressourcement New Age qui abrita des rencontres d'adeptes en quête de ressourcement et de nouvelles spiritualités (voir tous les chemins.hautetfort.com).  
11 h 15 : Nous sommes à notre plateforme pour les étirements. Les organismes sont un peu rouillés mais très contents de ce premier galop en liberté. En silence, chacun explore et détend lentement les points sensibles de son corps et les tensions générées par l'effort ou par la longue inaction. Dans le bois, derrière nous un rossignol vocalise. Françoise fait remarquer « Tiens en voilà un qui est content de nous revoir ! »
Et nous donc !
Amis randonneurs qui reprenez jeudi prochain, réjouissez-vous. C'est un vrai bonheur ! La convivialité est intacte car les contraintes du déconfinement sont très supportables (5 m de distance, en marche nordique, pas de masque pendant la progression). Ces retrouvailles avec l'effort et les amis ont été un véritable cadeau !
Sans oublier la nature et les grands espaces qu'il nous faut respecter et protéger plus que jamais. Car nous en avons tellement besoin.  Jean-Robert

Photo de groupe - 16 mai 2020

Photo de groupe au départ de la rando "Contour du Rocher des Monges" animée par Francis.

Photo du groupe rando de francis

Jeudi 21 mai - Le Pas d'Adam

Il n’est pas si facile que cela de se réveiller d’une léthargie forcée de deux mois.
Nous l’avions tant espéré ce jour où nous pourrions de nouveau être tous ensemble, et que nul ne manquerait à l’appel.
Nous en avons tant rêvé au temps cruel du confinement.
Notre patience et une obstination têtue ont eu, à priori, raison du virus.
Nous sommes comme un vieux diesel rouillé et encalminé qui a besoin d’un long préchauffage et d’un important décrassage avant de retrouver ses performances d’antan.
Beaucoup ont pris du poids, mais pas de muscle, d’autres en ont perdu, au détriment alors de leur musculature !
Il y avait si longtemps que nous étions contraints de ronger notre frein. Aujourd’hui, nous pouvons enfin « Lâcher les chevaux », mais MODÉRÉMENT et dans le strict respect des mesures barrières et des règles de distanciation physique.
Nous entamons une randonnée facile, sur de larges pistes la plupart du temps, où chacun pourra mesurer les forces qui lui reste et, surtout, celles qu’il doit reconquérir.
L’été est déjà là, alors que le printemps nous est passé sous le nez à cause du confinement.  Une chaleur intense, quelque peu suffocante pour des organismes déshabitués depuis longtemps, s’installe progressivement au fur et à mesure que progresse la matinée.
Après un aussi long silence, la nature exulte de couleurs et d’odeurs.
Il y a l’incarnat des rochers de rhyolite qui ont déjà commencé de brûler au soleil, les dégradés de bruns, de bistre et de « Terre de Sienne » de la terre fraîchement mouillée du chemin, les camaïeux de vert tendre de mille arbustes qui ont poussé à profusion pendant notre absence sur les versants des collines, au milieu desquels il est parfois difficile de se frayer un chemin. Des touffes de graminées, surtout des fétuques avec leurs feuilles aiguisées comme des lances, bordent à profusion le bord des chemins.
Quelques taches de couleurs parviennent malgré tout à émerger de cet océan de vert. Il y a d’abord les cystes à feuilles de sauge, crèmes à cœur rouge, les lavandes papillon, d’un bleu violine et quelques arbousiers et leurs fruits sanguins.
Nous démarrons en face du parking du col du Testanier (308m) en empruntant la piste des Charbonniers, modérément caillouteuse (mais nous sommes dans l’Estérel !), qui descend en pente douce vers le fond du vallon, parallèlement à la route du Malpey.
Parvenus au point le plus bas de la combe (260m), une piste plus étroite et toute en sinuosités remonte sur les contreforts du Mont Aigre et finit par rejoindre la « Route d’Italie », parfaitement asphaltée, qui va descendre en ligne droite jusqu’à la maison forestière de la Louve.
Parvenus sur un large terre-plein (376 m), une erreur d’itinéraire (dont un confinement de deux mois interdisant toute reconnaissance est
esponsable) nous conduit à emprunter une sente très étroite, fortement pentue et profondément ravinée qui nous propulse, à pas chaloupés, vers la « piste du Porfait », puis le « carrefour de Roche Noire », avant de remonter, en suivant la même large piste vers la « Cantine du Porfait », pour aboutir enfin à la « Maison Forestière du Malpey » (361 m).
De là, un étroit sentier en balcon au-dessus de la route du Malpey, bucolique à souhait, permet un retour facile aux voitures. Chemin faisant, les eucalyptus font une haie d’honneur aux randonneurs avec leurs troncs dénudés, pareils à des colonnes de marbre dressés contre le ciel.
En définitive, une agréable randonnée de reprise, un peu longue sans doute, sans difficultés majeures, réalisée dans un bel esprit de convivialité, tout à la joie des retrouvailles après une aussi longue absence, seulement marquée par une défaillance passagère de l’animateur, accompagné et soutenu par des « anges gardiens » qu’auront été deux des participants.    Bernard

« Chaque pas est un songe, la marche une promesse. »

Jeudi 28 mai 2020 - Plateau d'Anthéor

Qui mieux que Pierre aurait pu conduire cette randonnée au « Plateau d’Anthéor » en un aller-retour depuis la « calanque d’Aurelle » dont il connait parfaitement chaque pierre, la moindre caractéristique et tous les points de vue remarquables.Nous sommes 9 au départ de cette randonnée qui nous conduit d’abord aux abords de la calanque d’Aurelle, puis, par un sombre tunnel qui passe sous la route de la Corniche, nous progressons un temps dans le fond du vallon d’Aurelle, avant de remonter par un étroit sentier, pierreux à souhait, sur le flanc abrupt du vallon.Dès lors, le sentier virevolte et sinue de combes en vallons, toujours à peu près sur la même courbe de niveau, aux alentours de 130 mètres au-dessus de la mer. Nous doublons (terme de marine qui convient bien au nouveau look « loup de mer » de Pierre !) alors la Pointe Maubois, puis la Pointe du Cap Roux, la Pointe de l’Observatoire et enfin la Pointe Saint Barthélémy.
Au loin, quelques rares bateaux quadrillent la mer d’un éphémère sillage d’écume, pailletée d’or et d’argent au soleil.
Côté terre, nous serons successivement dominés par le Pic d’Aurelle, puis par le Pic du Cap Roux, le Pilon et le Saint-Pilon, avant d’être confrontés, comme écrasés par la masse compacte du Rocher de Saint- Barthélemy.
L’incandescence des rochers de rhyolite font de l’Estérel, en cette chaude matinée du mois de mai, un paysage en fusion.
Au bord des pistes et des sentiers, la nature a repris tous ses droits pendant le temps du « confinement » et ce n’est partout qu’un océan de mille jeunes arbustes qui nous offre une très riche palette de verts, des plus tendres aux plus profonds.
Peu d’oiseaux peuplent l’Estérel ; seuls quelques chants nous rappellent qu’ils sont encore à la saison des amours. Quelques hirondelles et martinets, noirs sur un fond bleu de perse, giclent et strient le ciel dans une sarabande effrénée et jamais épuisée, loin au-dessus de nos têtes.
Ce fut une randonnée belle et facile, sous le signe de l’empathie et de la convivialité, preuve que la « distanciation physique » ne saurait être un obstacle rédhibitoire à la bonne ambiance de nos retrouvailles.
Nous aurons parcouru un total de 8,500 km en un aller-retour pour 250 m de dénivelé.    Bernard