Mai 2018

Sous cap Roux - 03.05.2018

Nous étions 18 (parité hommes/femmes mise à mal ; 4 femmes pour 14 hommes, mais elles ne furent pas les moins vaillantes !) à nous élancer pour la traditionnelle et toujours magique randonnée « sous cap Roux » qui, une fois encore, a bien mérité sa formidable réputation.

Nous sommes partis, sous la conduite éclairée de Régis, de la « maison brulée », en bordure de la D6098, dite aussi route de la Corniche d’Or, pour un dénivelé de 300 m pratiquement en continu, jusqu’au belvédère du Cap Roux qui nous a offert un merveilleux panorama à 360°, légèrement estompé en ces heures matinales par de légères brumes résiduelles.

Le sentier, presque constamment en balcon au-dessus de la méditerranée, est bordé, tantôt par des à-pics impressionnants réclamant la plus grande prudence, longeant tantôt quelques vallons mystérieux dans lesquels une nature déjà presque estivale explose en mille fleurs et en mille couleurs, composée principalement d’une multitude de Cistes blancs à feuilles de Sauge et de Lavandes papillons.

Ce parcours en boucle de 7 km nous a donné à voir, sans aucune modération, de nombreuses vues époustouflantes, allant de Cannes jusqu’au Cap Camarat, une vue panoramique exceptionnelle à 360° sur la Côte d’Azur, la Provence, l’Estérel, les Maures et les montagnes du Haut-Var, le Mercantour.

On a marché parfois sur de bons sentiers, bordés de pins et de bruyères, plus souvent sur des sentiers étroits et pierreux, avec de nombreux passages aériens traversant quelques éboulis de caillasses rouges instables, traites pierriers qui se dérobent souvent sous les pieds.

Dans ces lieux, notre progression s’est faite entre les roches rouges de rhyolite amarante qui flamboient au soleil du matin et les eaux turquoise de la Méditerranée, ourlant les caps et les criques, dont nous n’avons jamais  été bien loin.

Au total, une magnifique randonnée dans un somptueux décor rouge orangé et vert, au milieu d’un chaos de rochers de lave solidifiée et de falaises abruptes, de pics, d’aiguilles et d’éperons, sous des crêtes rougeâtres dominant les sentiers, à faire et à refaire année après année, tant elle nous donne à voir et à sentir, un kaléidoscope unique d’images et de sensations.   Bernard.

 

« Souvenir Cécile » - 17.05.2018

Comme il est de tradition depuis plusieurs années déjà, la randonnée du Jeudi 17 Mai 2018 nous a conduits au pied du rocher dit de « la Clavette » pour rendre hommage à Cécile, qui fut à l’origine de l’association T.E.R.R.E. et la dirigeât pendant longtemps, et nous en souvenir.
Nous étions 19, partant du pont Saint-Jean, à remonter un méchant sentier, largement entaillé par de profondes ravines, qui nous conduit successivement à la « baisse du Sablier », puis à la « baisse du Verre ».
Peu avant la « fontaine du Marsaou », dont l’eau potable et fraiche sera une bénédiction au retour, un étroit sentier ascendant,  encombré d’une importante végétation, avec nombre d’épineux, nous conduit jusqu’au «  pas de la Cèpe » où une halte bienvenue nous permet de sacrifier à la traditionnelle « pause banane », devant le magnifique panorama de la baie de Cannes.
Continuant notre progression, nous atteignons bientôt le but désigné pour cette randonnée exceptionnelle pour son intention. Une courte « escalade » nous permet d’atteindre la base du rocher de « la Clavette » au pied duquel nous nous réunissons pour un instant de recueillement en souvenir de Cécile, dont Pierre nous retrace, à grands traits, l’historique au service de l’association T.E.R.R.E.. Nous en profitons pour réaliser une photo du groupe au pied du rocher, après que Raymond et Annick y aient symboliquement déposé quelques roses.

Nous nous dirigeons ensuite vers la « baisse Violette » pour un agréable pique-nique au soleil, agrémenté par une confortable sieste sur un doux tapis d’herbes nouvelles.
Le retour nous conduit, au long d’un sentier en balcon, dans l’environnement du « Marsaou » et des « Suvières », sous la baisse des « Pourraques », jusqu’à la maison forestière des « Trois Termes ».
Devant nous un très large panorama se dévoile de proche en proche, depuis l’océan vert tendre des combes et des vallons, le moutonnement profond des arbres et des arbustes, les hautes murailles déchiquetées de rhyolite amarante, les tours, les aiguilles et les pinacles,  telles des forteresses inexpugnables, par centaines, postées en sentinelles devant l’immensité de la mer, bleue profond, en arrière-plan.
La descente sera longue et souvent malaisée vers le pont Saint-Jean que nous retrouverons avec bonheur, une heure après avoir quitté le col des « Trois Termes », heureux mais fourbus !
Au total, une belle et émouvante randonnée pour quelques-uns, longue de 15 km pour 500 m de dénivelé, une température moyenne de 20°, un peu d’ombre mais surtout un soleil généreux.
Nous savons d’ores et déjà que nous y reviendrons l’année prochaine, à la même période si possible, car c’est une date anniversaire, pour nous souvenir,  en témoignage et gratitude de l’œuvre accomplie par Cécile au bénéfice de l’Association.    Bernard.

La Duchesse - 24.05.2018

Jeudi 24 Mai 2018, partant du pont de l’Estérel sur la RN7, nous sommes 20 à remonter par un large sentier vers la maison forestière de la Duchesse qui, une fois encore, nous offre le spectacle désolant et révoltant d’un édifice depuis longtemps abandonné des hommes et de plus en plus irrémédiablement rongé par le temps.

Elle est pourtant, comme nous l’apprendra un court rappel historique lors de la « pause banane », un témoignage unique de l’œuvre d’Augustin Muterse pour la préservation de l’Estérel. 

Nous arrivons à une plaque commémorative, en souvenir de l'Inspecteur des Eaux et Forêts AUGUSTE MUTERSE (1851-1922) qui "aménagea la forêt de l’Esterel, dessina les routes, édifia les maisons forestières et mit en place le premier plan de lutte contre l'incendie".

A partir de là, un étroit sentier, souvent en balcon au-dessus du vide ou surplombé par d’impressionnants chaos rocheux, devant l’infini des combes, des vallons, des promontoires et des pics se prolongeant jusqu’à la mer, nous conduit, après nombre de tours et détours, jusqu’à l’abord du « Plan Pinet » (toponyme désignant un bois de pins), où nous pourrons sacrifier à la traditionnelle « pause banane ».

En chemin, Pierre et Raymond ont fait assaut de connaissances  pour démêler l’écheveau des différents sommets, pistes et sentiers, les identifier et les nommer, successivement, les uns après les autres. A ce jeu, il n’y a pas eu de vainqueur,  mais bien deux connaisseurs hors pair du massif de l’Estérel.

Sur la route du retour, par la « route des cols », une courte halte nous a permis d’admirer le début de la floraison des nénuphars  sur un petit lac en contrebas de la piste et de tirer le portrait d’un groupe réduit à 18, deux participantes ayant exprimé le souhait de rester sur la piste et ne pas prendre la sente étroite et pentue menant au lac.

Nous avons effectué au total une boucle de 8,700 km pour 240 m de dénivelé, sous un soleil radieux, heureuses prémisses de prochaines chaleurs estivales.   Bernard

 

Thorenc – Les Pivoines - 24.05.2018

24 mai : Champ de pivoines …
Dans l'azur délicat de ce matin de lumière, neuf randonneurs ont rendez-vous avec les pivoines. 
Départ du lac de Thorenc, direction le col de la Baisse (pourtant ça grimpe !).
Au jardin de Mai nombreuses sont les fleurs dont nous ignorons le nom, mais nous en apprécions leurs couleurs. Enfin, sur la droite du chemin, les premiers pieds de pivoines... en boutons !  Un peu de déception.  La belle va- t-elle rester cachée dans son cocon ?  Un gros bourgeon tout rond comme un pompon végétal, qui, pudique, garde secrets la fraicheur et l'éclat de la fleur.
Le temps est idéal, la compagnie est bonne et la forêt est belle, il en faut plus pour gâcher notre bonne humeur !
Après la pause déjeuner, dans un cadre magnifique, entre la station de l'Audibergue derrière nous, avec la plaine d'Andon à ses pieds et les montagnes de Bleine et de Thorenc en face ainsi que des massifs encore enneigés en arrière-plan, nous avons eu la chance de trouver des pivoines fleuries, nous dévoilant leur cœur en toute innocence.
Nous avons fini cette belle rando, le cœur léger et les pieds boueux, avec en tête une promesse ... nous reviendrons !
Merci à François.   Françoise.

Calanques de Cassis - 31.05.2018

Nous étions presque 60 en partance, dès potron-minet, pour une journée entière de découvertes et d’émerveillement aux calanques de Cassis.
Elles ont pour noms : Port-Miou, Port-Pin, En-Vau,  l’Oule, Devenson, l’Oeil de Verre, Surgiton et Morgiou.
Ce sont les huit calanques que nous avons pu visiter et admirer, en croisière, au fil de l’eau, en partant du port de Cassis.
De la mer, on voit les escarpements rocheux, les creux, les failles, les criques et les promontoires, des arbustes racinés dans les moindres interstices rocheux, des pins dans le lointain, des hauteurs de mystères, une montagne hérissée et crayeuse, des gouffres de blancheurs, inondés de lumières, des criques émeraudes, des grottes inaccessibles, des îles, plus loin.
La terre descend brusquement sur les eaux ; elle nous donne à voir un cahot de roches broyées, de pierres et de garrigues. Nue et blanche, elle se donne à la mer, elle lui offre ses calcaires de lumières, ses éclats de blanc qui se confondent avec les reflets de l’eau bleue, sur des plages escarpées, comme un ciel inversé, émeraude et saphir.
La mer, le vent, les pluies, ont créé un magnifique tableau sculpté dans la chair du temps où la nature sauvage domine l’humain.
La mer, claire, limpide et transparente fait apparaitre ses replis, ses galets, ses grains de sable, ses roches et ses secrets, des eaux sans fond au creux blanc des falaises. Les vagues se déroulent à l’infini et reviennent, inlassablement. Les rochers affleurent la mer, la dominent, balayés par le ressac.  La mer rutile d’éclats, elle explose de mille feux, elle s’épanche en une infinité de reflets lumineux. L’horizon de bleu du ciel se confond avec les vagues. L’eau envahit l’air et remplit l’espace de ses senteurs : odeurs de sel, d’ambre et de lumières. Elle roule ses vagues de bleu, de vert, d’ocre et de blanc.
Le ciel et l’eau se confondent et s’éblouissent de luminosité. La mer avance et nous envahit de ses souplesses, de son agilité. De ses mouvements, elle répand un murmure ; de ses reflets, elle éblouit les regards.
De retour au port après 1 h 30 d’émerveillement, renseignés tout au long par un intervenant très bien documenté, trois groupes se sont constitués à l’approche de l’heure du déjeuner : le premier, le plus restreint, restant sur Cassis même, s’organise pour un pique-nique convivial, qui, sur la plage, qui, au restaurant, avant que certains n’entament une visite approfondie de la vieille ville, pendant que d’autres, ou les mêmes, ne profitent du petit train touristique qui, au cours d’une visite commentée, passant par les hauteurs de la ville, les amène jusqu’à la presqu’île de Port-Miou avec un point de vue inoubliable sur la baie de Cassis ; le deuxième, riche d’une dizaine de participants, et le troisième groupe,  rejoignent le sentier du Petit-Prince où ils piquent-niquent à l’ombre propice d’une pinède, avant de se séparer pour deux randonnées distinctes.
La première randonnée, dite « sentier du Petit-Prince », est un itinéraire d’émerveillement de 2 km, agrémenté de 12 panneaux et dédié à la mémoire d’Antoine de Saint-Exupéry, pilote-écrivain-poète, le plus connu du monde, qui a achevé ici le 31 Juillet 1944 « sa marche vers Dieu ».
La deuxième randonnée, forte d’une trentaine de membres, plus longue, 6,500 km pour 100 m de dénivelé, et « plus sportive », nous a permis de visiter la calanque de Port-Miou, en lisière de celle de Port-Pin, avant d’aboutir sur la presqu’île de la Cacau, lieu magique entre le cap Canaille et l’île Riou, mariage du ciel et de la mer, vertige de lumières. Sous nos pieds éculés, des couleurs ivres étincellent sur les collines. Les sentiers se découpent sur la mer et, par d’antiques gradins rosis par le temps, marche après marche, on gagne un bout de ciel.
Peut-on imaginer plus belle friche industrielle que cette pointe de la Cacau ? La végétation s’est réapproprié  ces arpents de calcaire, la patine a poli la pierre des trémies. La mer, les embruns, le soleil ont lavé la roche et transmuté ces carrières où résonnaient burins et avalanches de pierrailles en presqu’île enchanteresse. Les calanques sont blanches d’exubérance, les sentiers, intenses, de blancs et de verts hachés. Une cascade de pins dévale sur l’à-pic, rivière verte et limpide qui se penche vers la mer. Le soleil dévale aussi la pente et la vue sur les calanques est éblouissante de lumières.
L’odeur prégnante des pins se mêle aux senteurs iodées des flots. Sur la pente, des agaves, des figuiers de barbarie s’accrochent aux escarpements. En contrebas, la mer immense, immensément bleue, happe et saisit le regard.
Le retour au port de Cassis s’est fait dans les temps impartis par Pierre, un peu en ordre dispersé, mais sans encombre, et tous nous sommes revenus à Mandelieu en fin d’après-midi, reconnaissants à l’Association d’avoir su organiser parfaitement un évènement d’une telle qualité dont l’idée originale et la parfaite réalisation reviennent à Pierre.
Au long de cette magnifique journée, on a gravé dans nos pas des souvenirs inoubliables qui nous invitent à d’autres aventures.    Bernard

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »  (Antoine de Saint-Exupéry)

« Qu'a vist Paris e noun Cassis a ren vist. »  (Qui a vu Paris et pas Cassis, n'a rien vu.)      (Frédéric Mistral)