Janvier 2018

Jeudi 4 janvier 2018 - Les Issambres

Ce 4 Janvier 2018, dix téméraires se sont retrouvés au col du Bougnon, dans le Var, pour affronter, en sécurité, la tempête qui sévissait ce jour- là tout au long du circuit du « bois de la Gaillarde ».

Après avoir sacrifié à la tradition des vœux de nouvel an, la randonnée commence par une montée sévère, la première de quatre, qui nous introduit au mieux dans l’ambiance particulière de ce parcours.

La mer, encore et encore, hypnotique, restera presque toujours visible dans les lointains sur pratiquement tout l’ensemble du circuit.

Sans titre copie

Nous sommes au cœur des Maures intérieures, dans une zone forestière densément et magnifiquement boisée. Elle est peuplée par l’arbre-roi des Maures, le chêne-liège à l’écorce rissolée, arbre providence, s’il en fut, qui a su résister à des dizaines d’incendies catastrophiques. Mais, dans les vallons sauvages, les leveurs de liège ont tous disparu. Seuls subsistent des arbres majestueux, anciennement démasclés. On rencontre aussi, en remontant vers les crêtes, nombre de chênes verts et aussi des plantations, aujourd’hui à l’abandon, de châtaigniers qui furent une des bases de l’économie rurale traditionnelle. Ces paysages sont d’une douceur inexorable.

Des vallons et des collines se dévoilent, par vagues successives, jusqu’à la mer, dans une atmosphère toute méridionale.

Au cours de cette randonnée, nous avons souvent marché à la lisière de plusieurs lotissements, récents pour la plupart, qui enserrent la forêt au plus près, et la grignotent peu à peu, inexorablement ; la nature et l’homme, deux univers parallèles et définitivement antinomiques.

Nous pourrons trouver refuge pour la « pause banane » dans l’enceinte des très anciennes ruines de la « ferme de Rouquayrol », dans le plein soleil et bien abrités du vent.

A l’aller, un fort vent nous poussant au dos, nous a permis, en gagnant sur l’horaire, de profiter d’une halte magique, pour la pause déjeuner, sur la plage des Issambres, inondée de soleil et sévèrement battue par le vent, un vent tempétueux, un vent de folie, avec des rafales et des bourrasques, tandis que la mer fume et soulève des embruns qui la blanchissent. Ici, le vent court en tous sens, hachure les flots, les froisse, les soulève, les tord et les rejette. La mer travaille en grinçant, les vagues se jettent en avant, crachent de toutes leurs forces, puis ravalent leur salive. Le rivage gémit. Tout plie, se déplie et se replie.

Au retour, un fort vent de face nous compliquera la tâche, nous obligeant à lutter pied à pied pour venir à bout des deux dernières difficultés, dont la dernière, proche du parking, nous réservera un pourcentage en montée particulièrement déraisonnable mais dont nous viendrons à bout, finalement.

Nous ne manquerons pas de revenir un autre jour, une autre année sans doute, nous éblouir au cœur du massif des Maures car « l’usure lui donne des airs de vieille tempête, de volcans décapités, de soie jetée en plis longs et mystérieux. Il existe peu de montagnes si molles, si adoucies à la fois par l’érosion et par l’extravagante fourrure spongieuse qui la recouvre. Il suffit de s’enfoncer dans le dédale des collines pour éprouver aussitôt sensuellement sa magie. Tout y est mystérieux, flou, presque aquatique. Les sous-bois s’enchevêtrent d’une telle diversité d’espèces végétales qu’on a l’impression d’avancer dans un désordre pensé comme une œuvre d’art. » (Serge REZVANI).

Au total, une randonnée de 13 km et 320 m de dénivelé pour 10 participants, 6 hommes et 4 « gaillardes ».   Bernard. 

Jeudi 11 janvier 2018 - Le Peygros

Rando menée par Régis.

Jeudi 18 janvier 2018 - Gorges de l'Avellan

C’est peu dire que les Gorges de l’Avellan n’ont rien à voir avec les Gorges du Verdon, ni même avec celles du Blavet. Il s’agit ici d’une tout autre histoire.
Le site des Gorges de l’Avellan et du lac éponyme portent le témoignage d’une histoire particulièrement mouvementée, d’un maelström tellurique et volcanique s’étendant sur 40 millions d’années, entre 290 et 250 millions d’années, qui a donné naissance, dans un chaos d’apocalypse, au massif de l’Estérel et même à la Corse.
Partis du col du Testanier, une descente à forte pente sur un sentier étroit et passablement dégradé par de profondes ravines nous conduit jusqu’aux rives du lac de l’Avellan. Comme le reste de la nature environnante, celui-ci est en dormance, dans l’attente de jours meilleurs, au prochain printemps.
Dans cet environnement sévère, le lac reste un lieu bucolique et romantique, paradis des pécheurs et des géologues qui viennent, les uns traquer les carpes, particulièrement abondantes en ce lieu, les autres déchiffrer pour notre curiosité la longue histoire des entrailles de la terre.
Le franchissement d’un radier et d’un gué, tous deux à sec, nous ouvrent l’accès aux gorges proprement dites que nous aurons à  parcourir sur un méchant et étroit sentier, avec quelques « pas d’escalades ».
La fin des gorges  nous donnera à voir les quelques ruines encore debout des mines de l’Avellan , aujourd’hui abandonnées et condamnées, d’où furent extraites 40000 tonnes de Fluorine.
Parvenus au point le plus bas de la randonnée et après avoir sacrifié à la traditionnelle « pause banane » et à la non moins traditionnelle photo de groupe, nous sommes remontés par de bons sentiers, avec de belles vues sur les rochers de Roquebrune et la plaine du Var, vers le col du Testanier.
Ainsi fut bouclée cette randonnée de 8,200 km,  pour 280 m de dénivelé, avec un peu plus de 3 heures de marche et 15 participants, dans une ambiance ensoleillée qui fut passablement rafraîchie par un fort mistral.     Bernard.

Jeudi 25 janvier 2018 - Grotte de Maure-Vieil

« O temps, suspends ton vol.. » : Pierre l’a fait. En dépit d’un ciel couvert, pas une goutte de pluie n’est venue contrarier la randonnée à la « grotte de Maure Vieil » dans l’Estérel !
Que dire de cette randonnée d’une demi-journée ? Qu’elle fut parfaite du début à la fin.
Nous n’en attendions pas moins de Pierre après une si longue absence !
Cette randonnée, abondamment documentée par Pierre, nous a permis de nous replonger dans l’histoire ancienne de l’Estérel, entre 290 et 250 millions d’années, pleine de bruit et de fureur, et qui nous donne à contempler aujourd’hui cette merveille de la nature qu’est la « Caldeira de Maure Vieil ».
Nous avons réalisé, en marchant presque toujours à mi pente, le tour de la caldeira éponyme en passant successivement sous le mont Saint-Martin et le mont Pellet, à proximité de l’ancienne mine de Fluorine, sans oublier évidemment la visite de la grotte elle-même et celle des sites, abandonnés depuis des dizaines d’années, de la chapelle et de la verrerie de Maure-Vieil qui continue de nous interroger sur la folie mégalomaniaque de l’homme, sans qu’aucune réponse ne puisse aujourd’hui nous satisfaire pleinement. Il s’agit d’un ensemble de deux bâtiments désaffectés, murés et abondamment tagués dont l’un, la chapelle, comporte des croix, des coupoles et un amphithéâtre avec de larges terrasses orientées au couchant. Ces bâtiments furent construits dans les années 60, dans l’esprit du mouvement New-Age, patchwork de fondements religieux, assimilables à une secte.
Merci Pierre pour cette belle et intéressante randonnée qui nous a donné  l’impression d’être un peu plus intelligents !!   Bernard.