Décembre 2019

Jeudi 5 décembre 2019 – L’Auriasque

Comment rendre compte avec la même ferveur et autant de poésie que pour toutes les autres, de la randonnée qui nous a réunis, 19 participants, à partir du « col de l’Auriasque », ce Jeudi 5 Décembre, temps clair à légèrement couvert, température agréable (10,12°), au matin, à l’initiative et sous la conduite de Pierre ?
Il faudrait d’abord s’inspirer sans retenue des plus grands peintres impressionnistes pour recomposer, motif après motif, les mille et une  variations de la lumière resplendissante de l’automne et toutes les nuances d’une flore dont la richesse est à nulle autre pareille dans l’Estérel.
Il faudrait ensuite établir un « inventaire à la Prévert » de tous les lieux traversés, chaos rocheux épars ici et là au bord des chemins, eaux courantes partout que l’Estérel continue de dégorger encore et encore, parfois à gros bouillons, après les pluies diluviennes des derniers jours, larges et confortables sentiers en montées, descentes, et harmonieuses circonvolutions, magnifiques forêts de résineux ou d’arbres à feuilles caduques qui irradient dans l’air et au sol une  merveilleuse palette de couleurs infinie, tapis de feuilles mortes qui dégage le parfum entêtant de nombreux champignons qui n’attendent que la main de quelque mycologue averti.
Il faudrait enfin retrouver le sens du dialogue de nos meilleurs auteurs de théâtre pour imaginer le foisonnement des échanges entre les différents participants de cette belle et paisible randonnée qui, sur un peu plus de 7 kilomètres pour 155 mètres de dénivelé, nous a donné la folle envie de nous retrouver dès la semaine prochaine.   Bernard

« Marcher dans la nature, c’est comme se trouver dans une immense bibliothèque où chaque livre ne contiendrait que des phrases essentielles. »   (Christian Bobin)

Mardi 10 décembre 2019 - rando sante « promenade Lord Brougham »

Quelle épithète pourrai-je accoler au compte-rendu de la rando-santé du Mardi 10 Décembre au long d’un tronçon du canal de la Siagne, qui puisse la différencier et la distinguer, si faire se peut, de toutes les autres ?
Ce fut une belle randonnée, paisible et sans aucune difficulté, avec un dénivelé des plus modeste, comme il sied à toute rando santé bien imaginée.
Rien ne la distingue donc de toutes les autres, tant elles le disputent aussi en beautés et qualités, le reste étant affaire de subjectivité.

Cette randonnée, tout en douceur et en harmonie, mais menée cependant sur un bon rythme de marche, conduite par Pierre pour quelque douze participants, nous a permis de découvrir un nouvel aspect, toujours enchanteur, dans une symphonie époustouflante aux couleurs de l’Automne, du canal de la Siagne, à partir du village du « Tignet » dans le Var.   Bernard

Jeudi 12 décembre 2019 – Le Dramont

260.000 hommes, près de 1.000 navires de toutes sortes, telle fut la formidable armada qui, le 15 Août 1944, s’abattit sur les rivages de la Méditerranée de Toulon jusqu’à Cannes, et particulièrement sur la presqu’ile du Dramont, aux confins de la baie d’Agay.
Nombreux furent ceux, un peu plus de mille dont beaucoup d’étrangers, pour qui leur jeunesse s’acheva sur la « Terre de France ».
Il ne reste plus rien aujourd’hui de cette apocalypse de fer, de feu et aussi, hélas, de sang. Les pierres, heureusement, sont sans mémoire.
Nous ne rencontrerons que quelques vestiges dérisoires, sous la forme de rares casemates maintenant pour toujours abandonnées, au cours de notre randonnée du Jeudi 12 Décembre, pour témoigner par-delà les années de la folie hégémonique de certains hommes.
Les œuvres des hommes sont, de toute façon, éphémères. La nature, seule, est éternelle.
La rhyolite de l’Estérel est toujours aussi resplendissante par-delà les siècles, déclinant une palette infinie de teintes multiples, des rouges vermillon à toutes les variantes de bruns. Un mistral tempétueux nous assaille sans répit et la mer, d’un bleu profond, de saphir à lapis-lazuli, se déchaîne, vomissant sans fin sur les rochers déchiquetés des monceaux d’écume à la blancheur éclatante. Ce sont des milliers de déferlantes qui viennent, en meutes compactes, se fracasser sur le trait de côte.
Nous étions 15, à explorer un peu de ce cap du Dramont qui, de la plage du Débarquement en passant par le minuscule port du Poussaï, à la pointe de l’Esquine de l’Hay jusqu’à la plage de Camp Long et au sémaphore, qui les domine toutes, recèle encore pour longtemps une infinité de trésors à découvrir que nous ne sommes pas près d’épuiser.    Bernard