N.Dame Fontaines- La Brigue 08.06.2017

Sur une idée originale de Raymond, une mise en scène soignée dans les moindres détails par Pierre, au milieu du décor somptueux de la vallée de la Levenza, avec les commentaires précis et inspirés d'un conférencier, guide du Patrimoine, le tout devant un public attentif et réceptif, le rideau s'est levé sur une pièce en trois actes, dont le premier, sans doute le point d'orgue, a eu pour cadre la chapelle Notre-Dame-des-Fontaines. Sa renommée est telle qu'on l'appelle « la chapelle Sixtine des Alpes du Sud ». C'est un chef-d'œuvre absolu, enserré au pied d'un cirque de montagnes, dans le fond d'un frais vallon. La chapelle se trouve au bout de la vallée de la Levanza, à un endroit où surgissent sept sources, dont celle qui sort sous l'emplacement même de la chapelle. Un important chemin muletier, conduisant vers la Ligurie, passait par la chapelle et on avait sans doute intérêt à s'y arrêter avant de poursuivre la montée, toujours périlleuse vers le col, et invoquer la protection de la Vierge. Son site est lié à une convergence de signes symboliques qui en font un lieu de prédilection pour toute une humanité à la recherche d'une protection de la puissance divine. L'intérieur de la chapelle est entièrement recouvert par au moins 220 m² de peintures murales, des retables pour la majorité d'entre elles. Elles retracent la vie de la Vierge dans le chœur et celle du Christ sur les murs latéraux en 25 tableaux. Les peintures datent de 1492 et sont l'œuvre respectivement de Giovanni Baleison et Giovanni Canavesio, tous deux peintres originaires du Piémont. C'est un art populaire provençal naïf, pittoresque et savoureux. Cette petite chapelle, couverte de fresques concernant Marie et la Passion du Christ, est un véritable catéchisme mural qui permettait l'éducation religieuse d'un peuple catholique qui ne savait pas lire. Pour certains, les fresques délivrent non seulement un message religieux, mais également un message caché. Fin du premier acte. Le deuxième nous a permis de redescendre vers La Brigue, par le sentier dit d'interprétation, sous le frais et dense couvert d'une forêt d'altitude, peuplée de chênes, de pins sylvestre et d'épicéas ; un parcours tout en montagnes russes, long d'environ 6 km pour 150 m de dénivelé. Sur le parcours, des dizaines de panneaux didactiques égrènent les richesses de la flore et de la faune locale.
L'entracte intervint à la fin du sentier d'Interprétation, avant que ne commence le troisième acte, dans un espace dédié aux agapes de la pause déjeuner où nous nous égayâmes autour de quelques tables et sous une gloriette, à l'ombre bienvenue de quelques arbres. La pause déjeuner fut enrichie pour certains par une sieste réparatrice, consommée sans modération, comme le fut un rosé bien frais, itou. Le dernier acte nous vit, rassemblés et toujours attentifs, déambuler dans le village de La Brigue, classé monument historique, sous la conduite émérite et toujours richement documentée de notre guide dont la connaissance exhaustive des lieux, des dates et des traditions, entre autres, ont fait l'admiration de l'ensemble du groupe. Nous avons parcouru de nombreuses ruelles pavées, visité la Collégiale Saint-Martin qui abrite un retable de Louis Bréa, la chapelle de l'Annonciation, dite « supérieure », chapelle des Pénitents Blancs, la chapelle de l'Assomption, dite « inférieure », le château Lascaris, vestige du site castral, demeure fortifiée seigneuriale, le Cà d'Arbinée (maison des abeilles) avec ses multiples ruches, dont les murs gardent la chaleur et l'amplifient, permettant aux abeilles de travailler plus, pour un miel plus abondant et de meilleure qualité, etc... Nous avons vu de nombreuses façades en trompe-l’œil, de très nombreux linteaux sur ces mêmes façades, accompagnés de textes en bas-reliefs ou incisés dans la pierre ; certains décorés de motifs religieux, d'autres d'armoiries et d'initiales de familles, d'autres enfin portent des phrases d'ordre moral ou religieux. Ainsi s'acheva cet intermède heureux, avant que nous retournions à la rencontre de nous-mêmes et des autres sur d'autres chemins... enchantés eux-aussi.   Bernard