Les Pradineaux au Muy - Jeudi 16 février 2017

Après une consommation, forte mais bien maîtrisée, du « jaune » à Tanneron il y a quinze jours, nous sommes venus fouler sous nos pieds les terres de « Bacchus » au château du Rouët au Muy. Dans les lointains, on devine la Méditerranée à ses reflets d'acier qui brillent au soleil.
C'est l'Hiver et les vignes sont encore en dormance pour longtemps. Les ceps sont comme mutilés, réduits à des moignons, mais une vie souterraine est déjà en gestation qui explosera bientôt avec le Printemps, et nous ne pouvons souhaiter qu'alors « les fruits tiendront la promesse des fleurs ».
Nous partons dans le plein ouest jusqu'à une stèle commémorant la mort « accidentelle » d'un chasseur. Avant d'y arriver, nous marcherons longtemps au-dessous d'une longue et imposante barre rocheuse, composée de rhyolite, apparentée aux rochers rouges de l'Estérel, profondément échancrée par de sombres dépressions, comme d'importantes blessures dans un monde entièrement minéral. La randonnée se déroule au travers d'un très vaste plateau, largement débroussaillé, parmi des chênes lièges et des chêne kermès, entrecoupé de vallons successifs et traversé de plusieurs ruisseaux que nous franchirons à gué et qui alimentent plus bas la rivière l'Endre. On traverse une nature largement maîtrisée et très bien entretenue par la main de l'homme. Plus loin à droite, une piste nous conduira vers le pic Rébéquier, à l'aplomb duquel nous sacrifierons à la traditionnelle « pause banane ». En dessous du « Pas des Vaches », on rejoindra le G.R.51. Une descente continue nous conduira sur un vaste pré qui nous offrira son tapis d'herbe tendre pour la pause déjeuner au bord de l'Endre. Il n'y manquera que la présence des deux chiens qui accompagnaient jadis les randonneurs sur la totalité du circuit. Ils ont été, hélas, atteints par la limite d'âge. Le retour se fera via la piste des Pradineaux, la piste des pins parasols, présents ici en nombre, puis la piste des Corbières et la stèle vue à l'aller. La randonnée se terminera par une courte visite du château du Rouët, magnifique bâtisse du début du 19ème, d'inspiration italienne.  Le cadre est idyllique et l'environnement bucolique avec son grand bassin, les nénuphars et les lotus, l'imposant jet d'eau au centre du parc, sa source et ses fontaines, ses grands arbres vernaculaires et, d'autres, plus exotiques, dans une ambiance à la fois romantique et impressionniste, face au massif des Maures et au rocher de Roquebrune.
Pour bien finir, une visite s'impose au caveau de vente des vins du château, classés en A.O.P. Côtes de Provence. Gageons que quelques « becs fins » garderont un souvenir ému de leur visite à la cave viticole en dégustant bientôt quelques-unes de leurs bonnes bouteilles. Ce fut une randonnée à l'ambiance festive et légère, comme celles qui nous attendent et nous raviront avec l'arrivée prochaine du Printemps.
Au total, une randonnée de 12,400 km – 250 m de dénivelé – 4 h30 de marche - 23 participants dont 4 mineurs.       Bernard

« Puissent les vallées être vos rues et les verts sentiers vos allées afin que vous puissiez vous chercher les uns les autres à travers les vignes et revenir avec les parfums de la terre dans vos vêtements. » (Khalil Gibran)